Faussement nonchalant avec ses airs de flOw-like arty et zen, le troisième titre de la série lancée par Q-Games sur le PSN organise le clash du yin et du yang, de l'hypnose acidulée et d'un jeu de plateforme expérimental et hyper-exigeant. Délicieusement pervers.
L'histoire dit que Dylan Cuthbert, co-créateur du Starfox original sur Super Nintendo et programmeur de la fameuse démo technologique du canard sur Playstation 2, a fondé son propre studio en réaction aux pressions exercées par le service marketing Sony durant le développement d'Ape Escape 2001. Longtemps travailleur de l'ombre (entre autres prototypes et projets divers, l'équipe a par exemple développé l'arrière-plan du menu principal Playstation 3 ainsi que l'économiseur d'écran musical Gaia), Q-Games se fait connaître depuis peu pour une marque de "jeux casual de haute qualité", conçue dans le but de "reprendre les rênes des mains des marchands de fade" expliquait le créateur à la dernière GDC. Actuellement dans sa première série (dont l'un des signes distinctifs est, entre autres, l'utilisation de graphismes 2D), PixelJunk se propose ainsi de revisiter un certain nombre de concepts familiers ; Racers (septembre 2007) se posait par exemple en version numérique des traditionnels jouets de course mécanique sur rail, tandis que Monsters (janvier 2008) offrait une interprétation cartoon et colorée du genre Tower Defense, classique absolu du webgame Flash.
Eden, sorti il y a quelques semaines, est de loin le plus intéressant. D'abord d'un point de vue audio-visuel puisque le studio a choisi cette fois de collaborer avec Baiyon, artiste multimédia japonais alternant les casquettes de producteur/DJ et de designer graphique. C'est lui qui, dès l'écran-titre, invite les joueurs dans une sorte d'hypnose acidulée, un univers minimaliste où se croisent l'organique, le géométrique, et une bande-son ambient techno. Mais malgré son apparente simplicité (un petit personnage doit récupérer une certaine de quantité de "Spectra" éparpillés dans un jardin suspendu), le gameplay s'autorise également de multiples audaces : baptisé grip'n'jump (littéralement, "escalader et sauter"), celui-ci livre en effet une interprétation aérienne du traditionnel jeu de plateforme. Pas question de marcher ; la progression, essentiellement verticale, se fait en sautant de plante en rocher, en se balançant au bout d'un filin et en s'accrochant aux parois, toujours au-dessus du vide. Subtilité supplémentaire, les principaux points d'attache doivent être "débloqués" à l'aide de pollen, récupéré en éliminant par contact les créatures flottant dans les niveaux.
Il serait facile, au premier regard, de classer le titre dans la catégorie des flOw-like, une expérience arty et légère n'ayant d'autre ambition que de mettre l'utilisateur sur la voie d'une sorte de zen vidéo-ludique. Eden, malgré son nom, semble pourtant plus intéressé par le clash du yin et du yang, opposant constamment aux aspects décontractés de son univers la difficulté croissante du challenge, en temps limité qui plus est. A l'inertie redoutable des mouvements du héros (forçant à prévoir très à l'avance d'éventuels changements de trajectoire) répondent ainsi des exigences de précision de plus en plus fortes, à mesure que de nouveaux éléments viennent compliquer la tâche du joueur (adversaires flottants supplémentaires, filin plus fragile, changements de gravité, vents soudains, etc.). Faussement léthargique mais vraiment passionnant, Eden ne dort donc que d'un œil, toujours prêt à piéger le joueur et à le plonger dans des situations périlleuses. Une expérience délicieusement perverse – et une jolie surprise après deux titres plutôt sages… en attendant la sortie du prochain PixelJunk (Dungeons, dont la description évoque un Diablo en vue de dessus) et de la seconde série qui, elle, devrait "peut-être appliquer le traitement full HD au look 3D old school."
PixelJunk Eden peut être téléchargé sur le Playstation Network PS3 pour 8 euros. Une version d'essai est également disponible.
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Eden, sorti il y a quelques semaines, est de loin le plus intéressant. D'abord d'un point de vue audio-visuel puisque le studio a choisi cette fois de collaborer avec Baiyon, artiste multimédia japonais alternant les casquettes de producteur/DJ et de designer graphique. C'est lui qui, dès l'écran-titre, invite les joueurs dans une sorte d'hypnose acidulée, un univers minimaliste où se croisent l'organique, le géométrique, et une bande-son ambient techno. Mais malgré son apparente simplicité (un petit personnage doit récupérer une certaine de quantité de "Spectra" éparpillés dans un jardin suspendu), le gameplay s'autorise également de multiples audaces : baptisé grip'n'jump (littéralement, "escalader et sauter"), celui-ci livre en effet une interprétation aérienne du traditionnel jeu de plateforme. Pas question de marcher ; la progression, essentiellement verticale, se fait en sautant de plante en rocher, en se balançant au bout d'un filin et en s'accrochant aux parois, toujours au-dessus du vide. Subtilité supplémentaire, les principaux points d'attache doivent être "débloqués" à l'aide de pollen, récupéré en éliminant par contact les créatures flottant dans les niveaux.
Il serait facile, au premier regard, de classer le titre dans la catégorie des flOw-like, une expérience arty et légère n'ayant d'autre ambition que de mettre l'utilisateur sur la voie d'une sorte de zen vidéo-ludique. Eden, malgré son nom, semble pourtant plus intéressé par le clash du yin et du yang, opposant constamment aux aspects décontractés de son univers la difficulté croissante du challenge, en temps limité qui plus est. A l'inertie redoutable des mouvements du héros (forçant à prévoir très à l'avance d'éventuels changements de trajectoire) répondent ainsi des exigences de précision de plus en plus fortes, à mesure que de nouveaux éléments viennent compliquer la tâche du joueur (adversaires flottants supplémentaires, filin plus fragile, changements de gravité, vents soudains, etc.). Faussement léthargique mais vraiment passionnant, Eden ne dort donc que d'un œil, toujours prêt à piéger le joueur et à le plonger dans des situations périlleuses. Une expérience délicieusement perverse – et une jolie surprise après deux titres plutôt sages… en attendant la sortie du prochain PixelJunk (Dungeons, dont la description évoque un Diablo en vue de dessus) et de la seconde série qui, elle, devrait "peut-être appliquer le traitement full HD au look 3D old school."
PixelJunk Eden peut être téléchargé sur le Playstation Network PS3 pour 8 euros. Une version d'essai est également disponible.
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