Bientôt treize ans après sa sortie sur PC, l'une des pierres angulaires du genre FPS fait son comeback sur Xbox Live Arcade. L'occasion de (re)découvrir un classique n'ayant rien perdu de son punch, de ses qualités de level design, et de son irrévérence potache.
Oublions un instant l'arlésienne Duke Nukem Forever (qui, apparemment, existerait bien), et revenons en janvier 1996. Le terme de Doom-killer est alors sur toutes les lèvres et 3DRealms, probablement sans le savoir, s'apprête à faire d'une série jusque-là anecdotique l'un des grands classiques du FPS. Duke Nukem 3(D), pour ceux qui ont eu la chance d'y jouer sur PC à l'époque, c'était d'abord une personnalité et surtout une voix, celle de l'acteur Jon St. John qui immortalisera les répliques désormais cultes (même si parfois empruntées à des classiques de la pop culture tels que les films Army of Darkness ou Piège de Cristal) du personnage principal. Assumant fièrement son humour potache et ses penchants adolescents (explosions à gogo, excès comico-gore, héros hyper-macho, strip-teaseuses, etc.), le titre récoltera d'ailleurs au passage quelques interdictions et sèmera la terreur chez les associations de défense de la famille.
Mais Duke Nukem 3D, c'est également une pierre angulaire dans l'évolution d'un genre plus populaire que jamais aujourd'hui. Alors que Quake, quelques mois plus tard, privilégiera une approche plus rigoureuse (certains diront austère) mais tout aussi importante, le titre de 3DRealms, lui, multiplie les idées et ne recule devant aucune extravagance : des armes jamais vues jusqu'alors (le rayon réducteur, les lasers, les fameuses pipebombs…), des interactions inédites avec l'environnement incluant la destruction de certaines parois ou bien le déclenchement de certains pièges, la possibilité de nager, la présence d'un jetpack menant le combat jusque dans les airs… un cocktail d'éléments nouveaux qui, s'il a fait le succès de la campagne solo, a véritablement explosé en multijoueur, longtemps resté l'une des références incontournables des services de jeu en ligne naissants (Kali ou NetStadium), des mini-LAN parties du weekend entre amis, et des pauses-déjeuner qui s'éternisent.
Dernier portage en date (après la Playstation, la Saturn, la N64, voire même la MegaDrive), la version Arcade lancée hier introduit quelques nouveautés significatives parmi lesquelles un mode coopératif à huit joueurs via Xbox Live (le deathmatch est, bien entendu, toujours présent) ou bien la possibilité d'enregistrer et de partager ses replays. L'ajout le plus intrigant, cependant, est une fonction "rembobinage" qui n'est pas sans évoquer celle de Braid ou de Prince of Persia ; si le joueur meurt, il se retrouve projeté dans une interface de type magnétoscope et peut choisir de reprendre sa partie à n'importe quel point, comme s'il s'agissait d'une simple séquence vidéo. Le système, selon 3DRealms, "fonctionne bien pour un jeu classique où l'on n'a pas forcément envie de refaire dix fois les mêmes niveaux". Mis à part ces coquetteries, Duke reste Duke. Les graphismes n'ont quasiment pas changé ("Impossible de refaire 5000 textures ou de passer à un vrai moteur 3D [avec une équipe de 3-4 personnes et en six mois]", a déclaré George Broussard, co-fondateur du studio), les sons ont gardé tout leur punch brut et, très vite, les souvenirs – excellents – reviennent.
Mais loin de n'être qu'un simple trip nostalgique, Duke Nukem 3D n'a finalement pas si mal vieilli. La puissance de l'arsenal reste intacte et, loin de la linéarité qui semble trop souvent être la norme désormais, la qualité du level design continue à surprendre. Tout en passages secrets, en chausse-trappes et en cachettes stratégiques, celui-ci favorise l'exploration minutieuse et récompense souvent les curieux, en plus de regorger d'opportunités bien vicieuses de piéger ses adversaires humains en réseau. Un classique à découvrir ou redécouvrir donc (ou, au minimum absolu, à essayer en version d'essai), d'autant plus qu'il n'a apparemment rien perdu non plus de son caractère irrévérencieux et "politiquement incorrect". Malgré son grand âge (bientôt 13 ans, soit une éternité en temps jeu vidéo), papy Duke est toujours interdit de séjour au Japon ou en Allemagne.
Duke Nukem 3D peut être téléchargé sur le Live Arcade Xbox 360 pour 800 points Microsoft (soit 9.60€). Une version d'essai est également disponible.
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Mais Duke Nukem 3D, c'est également une pierre angulaire dans l'évolution d'un genre plus populaire que jamais aujourd'hui. Alors que Quake, quelques mois plus tard, privilégiera une approche plus rigoureuse (certains diront austère) mais tout aussi importante, le titre de 3DRealms, lui, multiplie les idées et ne recule devant aucune extravagance : des armes jamais vues jusqu'alors (le rayon réducteur, les lasers, les fameuses pipebombs…), des interactions inédites avec l'environnement incluant la destruction de certaines parois ou bien le déclenchement de certains pièges, la possibilité de nager, la présence d'un jetpack menant le combat jusque dans les airs… un cocktail d'éléments nouveaux qui, s'il a fait le succès de la campagne solo, a véritablement explosé en multijoueur, longtemps resté l'une des références incontournables des services de jeu en ligne naissants (Kali ou NetStadium), des mini-LAN parties du weekend entre amis, et des pauses-déjeuner qui s'éternisent.
Dernier portage en date (après la Playstation, la Saturn, la N64, voire même la MegaDrive), la version Arcade lancée hier introduit quelques nouveautés significatives parmi lesquelles un mode coopératif à huit joueurs via Xbox Live (le deathmatch est, bien entendu, toujours présent) ou bien la possibilité d'enregistrer et de partager ses replays. L'ajout le plus intrigant, cependant, est une fonction "rembobinage" qui n'est pas sans évoquer celle de Braid ou de Prince of Persia ; si le joueur meurt, il se retrouve projeté dans une interface de type magnétoscope et peut choisir de reprendre sa partie à n'importe quel point, comme s'il s'agissait d'une simple séquence vidéo. Le système, selon 3DRealms, "fonctionne bien pour un jeu classique où l'on n'a pas forcément envie de refaire dix fois les mêmes niveaux". Mis à part ces coquetteries, Duke reste Duke. Les graphismes n'ont quasiment pas changé ("Impossible de refaire 5000 textures ou de passer à un vrai moteur 3D [avec une équipe de 3-4 personnes et en six mois]", a déclaré George Broussard, co-fondateur du studio), les sons ont gardé tout leur punch brut et, très vite, les souvenirs – excellents – reviennent.
Mais loin de n'être qu'un simple trip nostalgique, Duke Nukem 3D n'a finalement pas si mal vieilli. La puissance de l'arsenal reste intacte et, loin de la linéarité qui semble trop souvent être la norme désormais, la qualité du level design continue à surprendre. Tout en passages secrets, en chausse-trappes et en cachettes stratégiques, celui-ci favorise l'exploration minutieuse et récompense souvent les curieux, en plus de regorger d'opportunités bien vicieuses de piéger ses adversaires humains en réseau. Un classique à découvrir ou redécouvrir donc (ou, au minimum absolu, à essayer en version d'essai), d'autant plus qu'il n'a apparemment rien perdu non plus de son caractère irrévérencieux et "politiquement incorrect". Malgré son grand âge (bientôt 13 ans, soit une éternité en temps jeu vidéo), papy Duke est toujours interdit de séjour au Japon ou en Allemagne.
Duke Nukem 3D peut être téléchargé sur le Live Arcade Xbox 360 pour 800 points Microsoft (soit 9.60€). Une version d'essai est également disponible.
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